N26 obtient le feu vert de la Banca d’Italia après quatre ans de restrictions

Banca d’Italia

La néobanque allemande N26 peut de nouveau se développer librement en Italie. Début mars 2026, la Banca d’Italia a décidé de lever les restrictions imposées à l’établissement depuis 2022, mettant fin à une période de surveillance particulièrement stricte.

Cette décision permet désormais à la banque numérique de relancer pleinement ses activités dans l’un de ses marchés européens les plus importants.

Une sanction exceptionnelle en 2022

En mars 2022, la banque centrale italienne avait pris une mesure radicale : interdire à N26 d’accepter de nouveaux clients dans le pays. La décision empêchait également l’entreprise de proposer de nouveaux produits à ses utilisateurs italiens.

Cette sanction faisait suite à une inspection des autorités qui avait mis en évidence des insuffisances dans les dispositifs de lutte contre le blanchiment d’argent, notamment dans la surveillance des transactions et la vérification de l’identité des clients.

Dans un pays où les autorités financières sont particulièrement attentives aux risques de recyclage de capitaux illicites, ces lacunes ont été jugées préoccupantes.

Une croissance jugée trop rapide

Au moment de la sanction, l’Italie constituait l’un des marchés où N26 enregistrait la croissance la plus rapide en Europe.

Pour les régulateurs, cette expansion rapide posait un problème classique dans le secteur des fintech : la base de clients peut augmenter plus vite que les capacités internes de contrôle et de conformité.

Afin de limiter les risques, la Banca d’Italia avait choisi une mesure directe : geler l’arrivée de nouveaux clients jusqu’à ce que les procédures internes soient renforcées.

Un contexte de surveillance accrue des néobanques

Les difficultés réglementaires de N26 ne se limitaient pas à l’Italie. L’établissement est supervisé au niveau européen par l’autorité allemande BaFin, qui avait elle aussi imposé certaines contraintes à la banque dans les années précédentes.

Plus largement, les régulateurs européens ont progressivement renforcé leur vigilance à l’égard des banques numériques, dont le modèle repose sur une ouverture de compte rapide et largement automatisée.

Les autorités souhaitent s’assurer que ces nouveaux acteurs appliquent les mêmes standards de conformité que les banques traditionnelles, notamment en matière de lutte contre le blanchiment et le financement du terrorisme.

Une situation désormais régularisée

Après plusieurs années d’investissements dans la conformité — renforcement des équipes spécialisées, amélioration des systèmes de surveillance des transactions et coopération accrue avec les autorités — la situation semble désormais jugée satisfaisante.

La décision de la Banca d’Italia marque donc la fin d’un gel de croissance qui aura duré près de quatre ans.

Pour N26, cette levée des restrictions ouvre la voie à une relance de son expansion sur le marché italien, où la demande pour les services bancaires numériques reste forte.